Jong-Soo lisait une lettre. Une lettre alors que son clan brûlait, détruit par ses mains.
Cher Jong-Soo,
la mort de Seo-Jun était une leçon. Tu as ordonné sa mort et tu le sais très bien. J’ai accepté ce mariage forcé parce qu’on était amis. Malheureusement, j’ai eu tort. Tu m’as trahie. J’aurais préféré que tu sois le manipulateur qu’on prétend que tu es. Pas l’imbécile que j’ai eu comme mari. Je te maudis. Ton frère et mort par ta faute, ta faute uniquement. Et ça, j’en suis joie.
Grâce aux cendres de ces familles, Rose parvint à obtenir un visa en direction du Japon. La voyageuse s’était déguisée avec du maquillage volé. Au départ, c’était pour passer inaperçue. Se rendre dans un autre pays avec de faux papiers, c’était, sans surprise, illégal. Sans compter que la réincarnée affrontait des organisations criminelles. Ne pas être grillée lui semblait être le minimum.
Une fois sur le territoire, l’adulte rajeunie sortit de l’aéroport international de Haneda. Elle se rendit au parc de Jonanjima Seaside, avant de verser une fiole dans les jardins.
Depuis des mois, l’empoisonneuse versait son invention glacée un peu partout. Elle en avait modifié la composition afin qu’il s’adapte à l’environnement. Ainsi, dans un lieu enneigé, de la glace apparaîtrait, mais dans une jungle, ce serait des arbres. Il resterait alors en stase jusqu’à ce que l’artiste martiale l’active. Ses espions étaient son Ki, et à leur contact, la substance s’activerait. N’étant pas cette énergie, ils étaient indétectables. Effet négatif, certaines personnes devaient être épargnés, afin d’éviter les accidents. Des chemins avaient donc été tracés pour les espions afin d’éviter la chose. A l’heure actuelle, des millions de personnes devaient être infectés. Asymptomatiques, ils transmettraient la maladie tranquillement. Les animaux, les plantes, tout contenait la substance. Les membres du clan étaient probablement déjà profondément affectés.
En plus de ce plan, la concernée s’occupa ensuite des autres phases de son plan. Afin d’arrêter Tadao, il lui faudrait de l’aide. Ses plans étaient peu faisables au début : augmenter le niveau d’autres combattant. Rose ne pouvait pas être aussi puissante en si peu de temps, mais peut-être que d’autres pourraient… cependant, c’était improbable. L’héritier du clan Okabe était un monstre. Les cinq-cents combattants en-dessous des niveaux de ces maîtres ne suffirait pas. Même en réhaussant le niveau, ils se feraient détruire. Cependant, ils pourraient servir de distraction. Et puis, beaucoup étaient dans des positions avantageuses. Haneul Myô, anciennement Zhan, en était un bon exemple.
Peut-être pouvait-elle soigner Seo-Jun. A défaut de pratiquer la médecine, avoir des espions qui voyageaient au travers des êtres vivants signifiait que la fleuriste connaissait l’emplacement de lieux que les artistes martiaux tueraient pour connaître. Problème étant que le retour du frère aîné du clan Myô mettrait ledit clan dans un chaoc monstrueux. Ha ! Mais Jong-Soo le gigolo détestait sa femme.
C’était un mariage imposé, l’union de deux familles puissantes qui avait mis fin à leur amitié. Haneul était sérieuse, pas le gigolo. Enfant certains lecteurs avaient préféré ce dernier, mais les gens incompétents dans leur vie leur avait remis les pendules à l’heure. Au début, l’héritier de la famille Myô ne s’en était pas rendu compte. La position de partenaire du chef du clan dans un monde tourné vers le passé était fragile. Les clans étaient vieux, mais aussi des organismes secrets, méfiants et violents. Un monde basé sur le mensonge et la dissimulation. Les étrangers au clan n’étaient pas acceptés facilement. Tout ça pour être la cheffe par proxy. Être méconnue pour ses efforts, incapable de fuir convenablement, n’être qu’un meuble dans sa propre maison.
Ouais, mon plan de le convaincre a autant de chance de marcher que je devienne pape.
Du coup, ses plans avaient changé : en plus de son poison, la justicière avait espionné les autres clans. Trouvé leurs faiblesses, et maintenant, il lui faudrait s’attaquer au clan le plus important à ses yeux. Ses espions l’attendaient sur le sol japonais, chargés de leur connaissance. Ils étaient tous rassemblés sur les employés d’aéroports, de ports et de gares.
Tant d’informations. Les emplacements des lieux appartenant aux clans. Leurs effectifs, leurs moyens de défense.
Rose s’était traînée dans chacun de ces endroits. Après autant de temps à courir, ses chaussures étaient détruites. Ses jambes étaient devenues excessivement musclées. Son expression figée dans la colère l’avait poussée à être discrète. Grâce à ses espions, c’était facile. Une fois l’information récupérées, l’empoisonneuse avait fait le point.
Au Japon, les clans avaient une sorte de gouvernement sous forme du conseil. Tous les clans avaient un siège, et ça servait à discuter des affaires de chacun. La plupart du temps, il servait à organiser des tournois, à construire des hôtels et autres pour les artistes martiaux. Exceptionnellement, elle pouvait demander de devenir enquêtrice pour eux. Ça lui permettrait d’obtenir le privilège d’utiliser les poisons les plus maudits de cette terre. Comme ça, toutes les charges pesant sur elle pourraient être annulées, même celles passées. Tout ses crimes, notamment d’infecter des pays étrangers cesserait d’exister. Le monde du murim se moquait déjà bien de ces règles, tout le monde avait apporté du poison dans d’autres pays. Quand un organisme avait un problème avec le reste du monde, on les appelait eux. Par contre, lors d’une dispute de clans, ces derniers devaient régler ça entre eux. Ils étaient aussi en charge de la surveillance des pires armes de ce monde. Il y avait bien longtemps que les artistes martiaux pouvaient détruire le monde s’ils le voulaient. Il y avait des armes initialement contre les fantômes qui étaient devenues tellement puissante qu’entre les mains d’un maître la terre se fendrait en deux. Quelques bombes nucléaires modifiées étaient entreposées, mais ce n’était pas le plus intéressant. Dans le cas de Rose, ces armes lui donnèrent une idée : à cause du népotisme, beaucoup de clans entreposaient illégalement des armes.
Utiliser une épée capable de découper des bâtiments n’étant pas possible pour quelqu’un de son niveau en kenjutsu, l’empoisonneuse avait abandonné l’idée d’utiliser ces objets.
Sauf qu’elle apprit que dans toutes ces armes, il existait des poisons. Tout ces poisons étaient listés dans un carnet lui-même empoisonné par l’un d’eux et donc intouchable pour la grande majorité des gens. Les clans employaient souvent des civils dans leurs buisness légal, et donc les espions avaient pu passer incognito.
Un des bâtiments d’un clan mineur, le clan Izuhara, contenait des armes et de nouveaux vêtements. L’une de leur activité concernait la vente d’habits. Certains objets étaient aussi laissés à l’abandon, prévu pour la charité ou la poubelle.
Entrer à l’intérieur allait être facile. C’était un bâtiment à trois étages, et chaque étage faisait quarante-mètre carré. Le rez-de-chaussée était une boutique, l’arrière recevait la marchandise. Le deuxième étage était le lieu de vie du vendeur et propriétaire, et le dernier étage était le stock d’armes et de vêtements non écoulés.
Dans ce bâtiment particulier, il y avait un carnet empoisonné, et c’était le plus gros problème : aucun antidote n’existait. On pouvait déplacer l’objet à condition d’avoir une personne à sacrifier, mais c’était hors de question. A la place, donc, Rose décida d’utiliser le carnet en lui-même comme arme. C’était extrêmement dangereux, il lui faudrait probablement éviter tout contact physique. Tadao s’habituerait au poison parce que c’était Tadao.
Ces poisons avaient été interdits. Si quelqu’un l’utilisait, il devenait l’ennemi du monde des arts martiaux. C’étaient une liste de dix noms. Dix simples noms capables de faire autant de dégâts.
Il n’y avait pas de vert dans la rue, donc l’empoisonneuse dû être créative. Premièrement, il fallu trouver des animaux capables d’être infectés, mais peu suspect. Il y avait des cigales, des fourmis, des abeilles à miel, etc. Ensuite, il fallu réfléchir à comment amener les animaux sans se faire repérer.
Et cette réalisation avait fait souffler du nez la concernée. A chaque fois qu’il fallait trouver une information, c’était horriblement agaçant. Pour ceux qui ne comprenaient pas : ses espions observaient des gens. Sauf que si ces gens parlaient et pensaient une langue inconnue, c’était compliqué.
Cette histoire devenait trop compliquée. Au cas où, Rose envoya cependant ses espions, mais il lui fallait un plan plus direct. Demander à des traducteurs, ou alors à des spécialistes des insectes français. Si elle infectait des touristes, ça passait. Bien sûr, en attendant, dévaliser les librairies et les bibliothèques un dictionnaire à la main était une priorité.
Rose décida de s’occuper d’avoir un antidote. Elle avait de quoi se protéger du poison, mais sa paranoïa l’empêchait de ne pas chercher trois-cent solutions à un problème qui n’existerait jamais : l’un d’eux étant la manipulation du livre.
La concernée entra après quelques jours à planifier dans la boutique, en ayant auparavant cassé les caméras de sécurité. Le vendeur l’attendait, des fleurs poussant de son corps. Des clients l’observaient, s’inquiétant pour sa santé alors que la concernée slalomait dans les rayons. L’intruse cassa chaque caméra, avant d’ouvrir la porte. Une fois au deuxième étage, la voleuse observa l’objet entreposé dans un cube en verre. Avec ses gants, déplacer l’objet fut aisé.