Le jour J, l’arbitre attendait dans le couloir menant au stade, alors qu’une présentatrice braillait haut et fort sur l’arène. Ses yeux observaient le premier combattant.
Judah King White, sous son déguisement.
C’était un petit karatéka dans la vingtaine, avant de longs cheveux noirs, une peau très lisse, un visage rond et des yeux bridés. Son maquilleur devait voir son salaire tripler, car en réalité, il dépassait les deux mètres, avait soixante-dix ans, ses cheveux étaient gris, son visage plus carré qu’un rubik’s cube et des yeux en amande. Son caractère était à l’opposé de l’ancien. Celui-ci était amorphe, et non colérique.
Dans l’histoire, il était trop nouveau aux combats avec des méridiens et finissait par perdre. Son père était cependant convaincu de son potentiel, et se préparait à lui donner le titre de successeur, titre auparavant réservé à Liam.
Rose se rendit à son premier combat.
Les deux combattants s’avancèrent. Le premier était un adolescent du nom d’Elijah. Un petit génie qui avait eût droit à sa place malgré son jeune âge. Il la fixait avec un mépris des plus fort. Le second, c’était Aoba, il avait des cheveux noirs long qui couvraient son visage. Ils la regardaient en salivant.
« Vous avez droit à tout, néanmoins vous serez disqualifiés en cas de blessures graves à d’autres personnes. Pareil si vous allez dans les gradins, bien que sortir du stade ne vous vaudra une pénalité. Si j’estime que vous n’êtes plus en état, je peux arrêter le combat. Le combat peut commencer. »
Le métier d’un arbitre consistait souvent à éviter les coups des combattants dans ce monde. Ici, la réincarnée restait en retrait, mais sur le plateau. C’était pareil dans les compétions de MMA ou de boxe, mais parfois, ils étaient bien en sécurité. Ici, le souci c’était que dans le premier cas, les arbitres tombaient trop facilement. C’était ce qui rendait le tournoi dangereux pour eux.
Comme ils avaient l’impression qu’elle était faible, ils en joueraient sans la moindre vergogne.
A peine le combat commencé, Elijah fit un mouvement bien trop rapide à l’œil nu. Il allait blesser le public, mais le combattant s’arrêta net.
Son regard stupéfait alors que l’arbitre avait sauté sur lui. A cause de son infraction, Rose avait voulu l’arrêter par un coup de poing bien placé. Malheureusement, son coup n’avait pas du tout été dévastateur. Enfin, si : il avait touché le sol, qui s’était fissuré en deux. Mais en fait, la combattante avait raté sa cible. A cause de sa vitesse, elle fut projetée en-dehors du stade et s’encastra dans le mur la tête en bas, sous le regard hilare des spectateurs.
…
L’humiliation était totale.
Elijah en profita donc pour faire une nouvelle tentative sans la moindre impunité. Néanmoins, ses poings n’atteignirent jamais sa cible.
Rose s’améliorait au fil du temps. Sa vitesse était suffisante pour revenir sur le stade. Rester passif était hors de question. Elle s’égosilla, sans succès. Le public, lui aussi s’en moquait. Néanmoins, l’arbitre n’avait pas dit son dernier mot.
Son adversaire empêcha Elijah de l’assommer. Rose quant à elle, réfléchissait à un plan. La réincarnée était encore en pleine forme. Utiliser son poison lui semblait excessif. Si jamais la française était découverte, il y aurait une enquête. Ceci dit, si jamais elle les touchait, dans ce cas, l’origine du poison ne serait pas mise en question.
Aoba restait en retrait, forçant le premier à se battre. Ils étaient bien trop séparés d’elle pour qu’elle puisse les toucher. Alors, la combattante attendit.
Une ouverture.
Une opportunité.
Et puis, deux cailloux touchèrent ricochèrent sur les combattants.
Les yeux d’Elijah se mirent à saigner. La réincarnée était une empoisonneuse. La réincarnée avait empoisonné tous les combattants au début du tournoi. Grâce à son Ki, elle avait activé le poison dans leur corps. Il était tombé maintenant, tout comme son adversaire qui avait tenté une arnaque similaire.
« Disqualifié. »
Silence dans le public.
La française traîna les deux combattants hors de l’arène.
Bientôt, le tournoi se transforma en la réincarnée contre l’intégralité des combattants. Tout le monde voyait que Rose était faible, de ce fait, tout le monde voulait la descendre. Et au final, personne ne se battait contre elle.
Etonnement, le public était friant de cette attraction. Sans doute parce que sa beauté était très appréciée. L’arbitre se pris au jeu. Le second combat, la réincarnée mit un chapeau et des bottes de cowboy. Les deux combattants, Yao Yue, une artiste martiale aux allures de renards et Wang Weng, un sumo tentèrent de l’aplatir. La française se contenta de sourire :
« It’s high noon. », dit-elle dans le micro alors qu’un bazooka, caché dans les gradins, tirait.
Le canon rata sa cible. Néanmoins, c’était là pour les distraire des canons :
« C’est des missiles. », bredouilla Kē Liáng.
Rose leur tira dessus avec des AK-12.
« Disqualifié. »
Le stade explosa de rire.
« Oubliez le combat, l’arbitre est hilarant. Regardez-moi ces audiences ! », s’exclama l’organisateur.
Le quatrième combat, des personnes éminentes dans les gradins discutaient :
« L’arbitre est mort », rétorqua le chef du petit clan avant de s’étouffer quand celle-ci apparu.
Leurs combattant fixèrent Franz avec des yeux de poissons rouge. Ils se battirent, mais…
« Sanction disciplinaire, mais victoire. Vous avez eu de la chance d’avoir balancé votre adversaire dans les gradins avant de m’attaquer. »
Son adversaire, qui s’était extirpé desdits gradins, hurla :
« Tu pourrais pas nous affronter au corps à corps. Apporter des armes dans un combat à main nue, tu… »
Le talon percuta son menton, l’achevant.
« Un artiste martial est censé pouvoir détruire ces balles à mains nues, espèce de poltron. Si tu n’es pas capable de ça, tu n’as rien à faire ici. »
C’était de mauvaise foi : Rose était effectivement douteuse en combat.
Les combats s’enchainèrent, jusqu’au principal.
Tadao contre son père.
Le combat commença. Après quelques minutes, le patriarche gagna.
Il eût un temps de pause, pendant lequel l’arbitre se rendit dans la loge de Wakisaka. Shun était là, pratiquement intact malgré sa défaite cuisante.
« Ce mec est déguisé, lâcha-t-elle simplement. J’ignore son identité, mais c’est un occidental, je ne le connais pas. Et je suis là parce que je sais que tu vas perdre.
—  Il t’a menacé pour dire ça, c’est assez commun, fut la seule réaction de la future victime. Me dire que c’est le père de Shun, pour que j’abandonne. Je vais gagner, alors assieds-toi et observe. »
L’empoisonneuse resta silencieuse. L’adversaire de ce combat était le père du délinquant. Le chef de la maison White, et le principal antagoniste. Or, son interlocuteur était un personnage secondaire, un faire-valoir à peine caché. Dans le manga, ce maître aurait dû gagner. A l’époque, c’était ce que la combattante pensait. Ce que le peu de fan de cette série pensait. Le mini-scandale de sa mort avait été aussi énorme car les gens étaient ulcérés de voir une ficelle scénaristique aussi grosse. Rose les comprenait, car le bonhomme en face de lui, calme et sûr de lui, était montré comme le futur rival. Un maître fort. Les lecteurs attendaient avec impatience le combat entre lui et le protagoniste. Sa force calme était incomparable, tout comme dans le manga.  Sauf que cet affrontement n’aurait jamais lieu. Personne ne se doutait une seule seconde de la réalité.
L’adulte rajeunie leva la main, touchant les habits de son torse avec ses doigts imbibés d’un médicament. Ça influençait sur les méridiens. En préparations de ce jour, l’empoisonneuse avait travaillé sur un projet. De la crème raya ses vêtements. La force calme recula, se protégeant le torse avec ses bras en croix. Le patriarche ne respecterait pas les règles dans l’arène. De mémoire, après l’avoir assommé, ce charmant personnage le transperçait de son sabre, lui administrant un trou dans la poitrine. Ce médicament forcerait les méridiens à le sauver.
« Je suis navrée pour ce geste. »
Wakisaka attrapa son bras, mais c’était trop tard. La combattante sortit de la salle sans un mot supplémentaire.
« Tu vas te battre ? dit Shun après un long moment.
—  Oui. »
 

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