Tadao Okabe avait l’apparence d’un enfant. Selon l’auteur du manga, c’était à cause de la technique. Il fallait des années pour créer le soldat parfait. Son père s’appelait Tatsuya. C’était Tadao, mais en plus vieux. Les gênes de sa mère, à ses côtés, était inexistants. Thiang Okabe, auparavant Akradej, était une thaïlandaise. Une des nombreuses compagnes de son père. A part son mari et son fils, personne n’utilisait son surnom. Le premier par souci de respecter sa culture. Son fils l’appelait maman, mais la présentait avec son surnom.
Tetsuya Okabe était distant, d’ordinaire. Néanmoins, le jeune héritier le poussait à sortir de ses quartiers afin de voyager. Il se laissait faire. Lors de la nuit fatidique, l’un des vénérables ancêtres du clan allait émettre un doute quant à son plan :
« Tu l’as estropié. Il est censé prendre le commandement. Tu aurais dû le guider, pas le contrôler, et même après ta mort, il sera incapable de diriger. »
Le sang d’un ami de Tadao, Josuke, coula sur l’avant-bras du chef de clan. Le tremblement de terre se déclencha.
« C’est Tadao Okabe. »
Les bras de Tadao transpercèrent leur torse.
C’était une nuit banale quand l’un des Mendiants, un recruteur aux cheveux noirs vint dans le parc naturel où la musicienne jardinait. L’appât l’attendait. Le prédateur coupa un fil. Une arbalète tira sans ménagement sur une bouteille d’alcool à côté d’une flamme. Celle-ci s’embrasa, brûlant l’intru. Ce dernier se moqua éperdument des flammes qui le consumaient. En quelques secondes, elles disparurent, mais ce n’était pas le but de la jardinière, qui avait empoisonné le bonhomme.
Quand il fonça sur la source de son énervement, l’adulte au corps d’enfant de trois ans ne bougea pas. C’était inutile, car sa vitesse serait trop grande.
« Bonjour, dit l’empoisonneuse sans même lever les yeux de ses plantes. Tu apprécies mes flèches ? »
Son assaillant s’effondra, complètement assommé.
« Si ça ne te dérange pas, je vais t’utiliser. »
Auparavant, Rose rechignait à utiliser ses talents. C’était principalement pour avoir le droit de dormir sous un toit sans problème, mais il était immoral d’espionner les gens ainsi. Néanmoins, ce jour-là, elle passa un cap. Seule, elle serait incapable de détruire tout le monde.
Alors, au lieu de les détruire avec ses poings, la justicière les avait détruits avec ses connaissances. La vigilante fit couler chaque entreprise, légale ou non de cette famille-là. La traumatisée coupa les vivres de leurs fournisseurs, actionnaires qui n’étaient pas protégés. Chaque entreprise qui s’associait avec eux finissait par couler. Au bout d’un moment, la Lumière accusa les Vermeil de trahison, et s’ensuivit une demande de paix car ces derniers étaient bien trop affaiblis. Une réunion entre petites frappes avait lieu, auxquels l’empoisonneuse avait usé de ses talents sous l’apparence de l’héritier du Mendiant.
Son action avait impliqué ces derniers. La maîtresse en espionnage avait ensuite tendu un piège à ce recruteur, que la concernée séquestra pour analyser son corps, et plus particulièrement ses fils. En posant ses mains sur son torse, la télépathe parvenait à sentir ses fils. La bonne samaritaine se concentra. Puis, après quelques minutes, l’adulte rajeunie lui injecta un nouveau poison, avant de déposer son corps chez lui. Le médicament donnait une apparence de mort. Dans ce monde, il y avait plusieurs personnes qui avaient fabriqués de puissants trompe-morts. Ses talents lui indiquèrent la présence d’un vieil homme dans le centre du Maine. L’ancien meilleur voleur du monde. Il fallu changer la recette afin d’éviter de finir comme lui, le cerveau en bouilli. Ça énerva la lectrice, qui s’énerva de l’impuissance de ses agentes vertes. La vérité, c’était que son talent fonctionnait comme internet. Les humains n’étaient pas toujours fiables, mais beaucoup d’entre eux pensaient l’être. Or, ses espions étaient simplement des caméras cachées avec capacité de déplacement. Ses herbes ne savaient pas distinguer une vraie information d’une fausse information. Elles pouvaient distinguer le mensonge de la vérité, mais une personne fondamentalement convaincue d’un mythe était parfois, pas tout le temps, un calvaire à cross-référencer. Par exemple, vérifier les capacités d’un professeur d’espagnol à l’université était facile. Malheureusement, pour les criminels, c’était bien plus compliqué. La plupart d’entre eux étaient des insondables, et il était dangereux de parier sur des civils. Sa capacité pouvait survivre par elle-même à condition que son hôte de son ki vivait. Or la nature était cruelle, et la mort arrivait très souvent. Stupidement souvent. Quant aux humains, un civil qui approchait un insondable, c’était généralement du suicide. Sur mille gouttes de Ki qu’elle laissait, une bonne dizaine parvenait à survivre une semaine. Les informations étaient alors très précieuses, mais c’était se saigner à blanc. De nombreuses techniques existaient alors pour limiter l’hécatombe : infecter des humains, mais de manière stratégique.
Par exemple, infecter des policiers afin d’obtenir des informations connus uniquement d’eux, des médecins, d’autres musiciens… l’ancienne universitaire dénichait des brochures qu’on donnait aux lycéens pour leurs études et envoyait ensuite ses agents. Préparer la nouvelle génération. Se rendre à un aéroport, une gare, ou autre afin d’infecter des gens. Se rendre à des zoos, des foyers pour chiens et autre afin de les infecter. En parallèle, elle trouva des gens horribles mais désespérés et leur proposa un marché. La plupart s’en accommodèrent et devinrent relativement fidèles. Rose remontait automatiquement les bonnes personnes au fond du trou.
Certains l’aidèrent à trouver d’autres recruteurs des familles, en plus de celui qu’elle avait relâché. En outre, ils l’aidaient dans des tâches compliquées pour son âge.
Rose s’assit. Actuellement, son appât se trouvait dans une morgue. La variante du trompe-mort permettait à deux autres mixtures d’agir. Le premier faisait en sorte que la décomposition soit possible, le second de ne pas mourir de la chose. Utilisable une fois toutes les semaines, sinon, la mort deviendrait permanente. Actuellement, il faudrait un an à cet imbécile pour se réveiller. Cependant, personne ne pourrait le découper. Le médecin légiste qui se chargea de l’affaire tomba soudainement malade. Pareil pour ceux qui avaient transportés le corps. Dès qu’on le touchait, le poison se propageait, même avec des gants. L’incubation prenait du temps, mais c’était possible. Après avoir fauché les familles, désormais, elles allaient tomber dans un profond sommeil. Seuls les innocents ne seraient pas touchés.
Ça n’attendit pas. Tout le monde s’endormit paisiblement. La durée d’un an du poison était là pour une raison. Les policiers de France avaient interdiction de toucher aux affaires des familles. Cependant, des cadavres par centaines, ça, ils ne pourraient pas l’ignorer. Il suffirait ensuite de savoir où ces gens étaient enterrés, et à ce moment-là, Rose viendrait les voir, avant de détruire leurs méridiens. Ils ne seraient plus jamais là.
De nombreux membres des familles tentèrent de trouver une solution. Heureusement, ceux qui découvraient le pot-au-rose venait vers elle. L’adulte rajeunie avait trois ans, face à des gens qui battraient n’importe quel commando d’élite. Ils ne s’attendaient pas à avoir une personne qui avait des « amis » dans le RAID. Ils ne s’attendaient pas non plus à ce qu’ils lui fournissent des armes militaires.
Les familles étaient peu à peu détruites.
Grâce au cadavre d’artiste martiaux, Rose appris sa première technique à la main. S’entraîner à des coups plus directs était une bonne idée, même si la réincarnée ne souhaitait pas affronter Tadao.
Du coup, entrainement. Comment placer un simple coup de poing de manière à ne pas se péter les phalanges. Avant ça, la dépressive utilisait sa paume de main, et la technique n’était pas totalement correcte. De manière générale, la combattante n’était pas bonne au corps-à-corps. Son âge, sa taille, son éducation, tant de facteurs qui faisaient qu’en combat, la concernée était une catastrophe. Ses poisons devaient être ses seuls points fort. Dans la pratique, impossible de les utiliser en combat au corps à corps. De fait, si elle souhaitait les utiliser, ce serait toujours avant un combat. Une fois ses ennemis affaiblis, quelqu’un d’autre devait battre ses assaillants. En soi, jusque-là, la technique de l’adulte rajeunie, c’était de fuir ou se cacher.
Au niveau de son arc, la combattante changea la substance de ses flèches empoisonnées. L’archère se mit en tête d’acheter un bôkken pour s’entraîner aux armes. C’était plus de la découverte, après tout, la sportive improvisait son style de combat.
Son épée en bois était mal-adaptée, sans surprise. Apprendre les mouvements de base était si compliqué.
Ensuite, le poison. Rose s’attela à créer l’un des plus puissants poisons du monde des arts martiaux. Elle s’instruirait, encore et encore. Trouver des alliés. Et empêcher ces bâtards d’agir.
Ses espions l’aidèrent à dégoter de quoi apprendre le japonais, en plus de lui apprendre l’histoire des artistes martiaux.
Par exemple, la différence entre les maisons et les clans était au niveau historique et structurel. Les artistes martiaux européen descendaient d’un mélange de nobles et de mercenaires. Ils avaient toujours été cachés, au contraire des clans dans l’Asie qui louaient leur service aux gouvernements de l’époque. La raison d’origine était inconnue, mais la théorie était la suivante : les maisons correspondaient à une famille noble ou anoblie, qui, pour la plupart, avaient des fiefs et pouvaient se permettre de ne pas travailler. Ils étaient souvent les souverains d’un pays, au contraire de l’Asie où ces derniers étaient plutôt des assassins ou des gardes royaux. Les nobles avaient dû changer de noms à cause de la révolution française. Les civils de ces époques étaient pour la plupart très puissants et avaient commis un massacre dans toute l’Europe. De ce fait, un énorme tabou les entourait. Dans le monde des arts martiaux, il existait un concept de première puissance du monde. Dans le monde civil, c’était les États-Unis, mais dans leur monde, c’était le Japon. Avec les meilleurs combattants.
Les clans, eux, vivaient au grand jour et parmi la population. En plus de leurs services, certains de leurs activités étaient légales, point commun avec les Yakuza. Les futures colonies anglaises et espagnoles avaient été influencées par leur système. Aucune mention des colonies portugaises, française ou autre.