La maison des chasseurs d’être surnaturels était magnifique. Tout droit sortit d’un compte de fée. Une chambre spacieuse, avec un double-lit aux draps en soie. Une porte donnait sur une penderie de vingt-mètres carré avec tous les habits du couple. Le premier aimait les vêtements de marque, la seconde rafolait des fourrures. Malheureusement, ces dernières étaient trempées. De la neige avait envahie chaque habitation.
Une grande télévision non-fonctionnelle devant le lit pour des films avant de se coucher. Le salon avait une grande double-fenêtre. La vue était magnifique. Le soleil brillait, les maisons auaraient leur place dans un magasine de voyage aux tropiiques, sans la neige.
Ils s’étaient retrouvés depuis peu. A cause d’un différend, les deux époux s’étaient quittés pour se retrouver des années après. Une découverte dans le monde civil avait poussé Sam à la retrouver. Depuis leur mariages, beaucoup voyageaient, se suicidaient en masse, avaient quitté leurs jobs ou au contraire changeaient de carrière. Personne souhaitait être caissier, désormais. Ainsi, les rayons en supermarchés étaient déserts. Les gens avaient achetés en masse et gardaient tout chez eux. Tout avait été bien plus calme que prévu lors de cette apocalypse.
Au contraire, les soirées au chandelles étaient légions. Bien sûr, tout était préparé par le couple. Sam avait passé la journée dans la cuisine. Il avait passé des heures à nettoyer les cadavres à la terrasse. Il était vêtu d’un costume, mais en voyant sa femme, il se couvrit avec ses mains de manière faussement dramatique.
Mia le rejoignit, une robe noire avec une veste en fourure.
« Une simple veste, par cette température ? Je vais devoir prendre une doudoune…
— … ne sois pas ainsi. Je suis tout à fait présentable.
— Mmh-uh. Je te connais mon amour. »
Elle rit. Un bracelet, sur son bras, se mit à luire. L’éclat baissait de plus en plus, se disait-il. Le sien ne luisait plus depuis longtemps. Bientôt, ils mourraient.
« Je ne vois pas de quoi tu parles. »
Le héros du jour lui avait proposé un dîner. Quand ils sortirent de leur maison, la rue était vide. Le soleil brillait au loin, et il semblait petit. De plus en plus petit. La lune luisait alors qu’ils s’asseyaient sur des chaises glacées. Le couple était situé sur la terrasse d’un magnifique restaurant. Il faisait si froid ici. Il n’y avait plus d’air. Fort heureusement, le bracelet les maintenait en vie. Sam couvrit sa femme d’une doudoune qu’il avait caché dans son sac, malgré ses vives protestations. Leurs dîner maison était succulent. Sam avait de bons goûts. Le lendemain, Sam se réveilla aux côtés de Mia. Un air triste marquait ses traits, mais il l’embrassa.
« Tu n’as pas peur ? », commença t-il.
Il regarda son bracelet.
« Bientôt, nous mourrons. L’un de nous ira en enfer, l’autre au paradis, tu veux dire ? dit Mia. Ouais, ça me terrifie. Je vais devoir rendre des comptes peu importe où je vais.
— On doit déjà t’attendre au quart de tour. Avec des fourches…
— …
— Ils sont morts car ils croyaient en moi, et j’étais trop empli haine pour le voir. Je les ai tué alors qu’ils me tendaient les bras. En toute honnêteté, je sais que c’est moi qui finira dans les flammes. »
Sa voix tremblait à ces mots.
« Alors, jamais tu n’auras à leur rendre des comptes. Ils sont au Paradis.
— … tu sais, si on était pas sur le point de mourir, je te tuerai. »
On s’entretuerait toujours. Moi essayant de tuer tout les représentants surnaturels, et toi… essayant de m’arrêter.
« Mia ?
— Quoi ?
— Je t’aime. »
Elle se tourna vers le mur, se rhabillant.
« Tu les aimais aussi. Et puis, tu ne mourras pas, et tu le sais très bien. »
Mia voulait dire que les gens comme eux étaient spéciaux. Voilà comment ils pouvaient survivre à une terre sans atmosphère. Une terre sans air, sans chaleur, condamnée à la nuit éternelle. La lueur de leur bracelets les maintenait en vie. Sam était particulier ceci dit. Il pouvait survivre sans.
« Je dois t’avouer que l’idée de subir la fin du monde pendant que tu te prélasse au Paradis me dérange. Mais d’un autre côté, l’enfer m’attends. Mon pouvoir me permet de survivre, mais quoi qu’il arrive, je suis fini. »
Il avait du mal à respirer en disant ça.
« Je subis quand même les affres de la fin du monde. Quoiqu’il arrive, je suis en enfer.
— Tu… subis ? De quoi tu parles ? »
Sam fit une longue pause.
« En ce moment-même, je suis allongé sur un canapé. Je suis paralysé à cause du froid des températures négatives. Je me suis mis à rêver. A rêver de toi. J’ai tout sacrifié. »
Mia, enfin son rêve, pris un ton moqueur.
« Tu désirais une des personnes que tu as tuée ? Imbécile. Les vampires n’ont rien à craindre d’un un monde glacé. Es-tu à l’origine de cette mort du monde ? »
Il eût un grand silence.
« C’est pire : j’ai utilisé un artéfact, avant que la tragédie se déclenche. Ça maintiendra des gens que j’ai hai en vie. J’ai songé à vous rejoindre, mais je n’ai pas pu. Et me voilà seul. Jusqu’au bout, j’ai été un tyran. »
Quelques semaines plus tard, les températures augmentèrent suffisamment pour qu’il puisse de nouveau bouger. Son bracelet brillait. Il brillait d’une forte intensité. Sam se leva du canapé dans la maison délabrée où il résidait. Mia était assise, à ses côtés, une puanteur atroce se dégageant d’elle. Il n’osa pas la regarder. A la place, son regard se dirigea à la fenêtre. Au loin, l’artéfact brûlait comme un soleil. Encore derrière, un trou noir. La chaleur qui l’entourait avait réchauffé la Terre, leur permettant de bouger. Vampires, loup-garou, sorcières, tout le monde bougerait bientôt. Les premiers essayeraient en vain de se nourrir d’humains. Il repensa à Mia.
« Avant ta mort, voulu t-il dire. Je ne savais pas que je t’aimais. J’ai tant sacrifié pour une chose qui ne rime au final à rien. Je regrette tant. Je regrette tant. »
Malheureusement, il n’y avait plus d’atmosphère ici. De toutes les atrocités qu’il avait commises, celle-ci était la seule dont il était sûr de finir en enfer. Il ne la reverrait jamais, car elle était destinée à un endroit qu’il ne rejoindrait pas. Sam sortit sur la plage en face de la maison. Une éternité plus tôt, il avait géré cette plage. Lui et ses sbires exécutaient de nombreux vampires. Sam haïssait les êtres surnaturels. Il était entré en désaccord avec sa famille et les autres chasseurs. Une guerre solitaire, par bien des aspects.